Brillat-Savarin prétendait connaître les gens en le voyant devant leur assiette.

L'écrivain Léo Larguier (1876-1950) renchérissait en signalant les femmes « épousables » selon leur tenue gastronomique à table !

  • Elle a bon appétit et ne se hâte point. Elle prend son temps, accueillant également chaque plat sans y revenir jamais,

Elle est sérieuse, patiente et dévouée, Epousez-la ! C'est la compagne des bons el des mauvais jours, celle qui ne désirera que ce qu'elle possède.

  • Elle a un gros appétit et elle se hâte comme si elle était pressée par un train dans un buffet de gare. Elle est joyeuse, cependant, elle rit franchement entre ses bouchées.

Si vous êtes surs de vous, vous aurez la une femme excellente, un peu ronde et brusque : son amour sera peut-être tyrannique, mais il sera aussi robuste et solide. Souvenez-vous qu'elle reprend toujours d'un plat qui lui a plu...

  • Elle déchiquette sa côtelette comme un poisson pour n'en sucer que I'os, elle cherche de la pointe de son couteau, une boulette de moelle ?

Méfiez-vous ! Elle est chicanière et soupçonneuse. Jalouse aussi. Elle fouillera dans vos poches quand vous changerez de veston.

  • Elle met de chaque cote de son assiette, Soigneusement, à gauche

la mie, à droite la croûte.

Vous ne la connaîtrez jamais complètement. Elle est ambiguë, méthodique, froide et secrète, car une femme sûre mange

la croûte avec la mie.

  • Elle prend la cuisse si on sert du poulet.

Epousez-la! Elle n'est pas très délicate, mais elle est simple, bien portante et sans détours. Elle marchera toujours dans la bonne route.

  • Elle prend le blanc de l’aile.

Epousez-la parce qu'elle sera douce, un peu dolente et tendre.

  • Elle n'aime que le croupion, le cou el la peau grillée de la carcasse.

Jetez votre serviette, quittez la table et fuyez !