La mayonnaise, cette délicieuse sauce émulsionnée, habille, enchante, rehausse tous les plats - viandes, poissons, légumes - qu'on lui confie et fait rêver les gastronomes.
Le maréchal de Richelieu avait pris aux Anglais, en 1756, le fort Saint-Philippe-de-Mahon, dans l'île de Minorque, aux Baléares. Le soir de l'assaut, il demanda à son cuisinier de confectionner un plat nouveau. Faute de trouver sur place beurre et crème, le chef improvisa une sauce froide aux œufs et à l'huile, qu'il releva de vinaigre, pour accompagner une viande. Le duc se régala et la « mahonnaise » entra dans l'histoire...
Oui, mais ce duc infatigable conquit aussi la ville de Bayonne et l'on nomma bientôt « bayonnaise » la fameuse sauce, nom qui fut d'ailleurs conservé jusqu'au début du 19e siècle.
Pas si simple ! Car « mayonnaise » descendrait tout droit de la... Mayenne ou plutôt du duc de Mayenne (encore un qui traînait son cuisinier sur les champs de bataille).
Tout un personnage que ce duc de Mayenne ! Gros mangeur, si lourd qu'il fallait quatre hommes pour le hisser sur son cheval ! La veille du combat, son cuisinier, désirant agrémenter la table du duc, inventa une sauce (œufs et huile) pour accompagner un chaud-froid de poulet. Celte « mayennaise » était si succulente que le duc oublia de donner des ordres et, le lendemain, fut battu à plate couture par Henri 4.
Plus tard, Mayenne mourut d'une indigestion de melon, mais la «mayennaise» garda son nom.
Il existe une autre version qui viendrait du vieux français et serait « moyeunaise » pour le moyeu du jaune d'œuf.
La mayonnaise telle qu'on la connait est vendue prête à l'emploi depuis 1905.