Faire prendre une chose pour une autre. Tromper quelqu'un en lui donnant une fausse impression / une fausse piste.
Quand quelqu'un « donne le change », ce n'est ni pour vous rendre la monnaie ni pour vous tendre des vêtements de rechange.
« Donner le change » est un acte de faussaire, de comédien, une de ces petites impostures qu'on s'autorise pour cacher la réalité.
L'expression est ancienne et ne dérive pas, comme on pourrait l'imaginer, du sens monétaire de change. C'est au fond des forêts qu'il faut aller chercher son origine, au cours des longues chasses à courre qu'affectionnaient les seigneurs féodaux.
Le cerf qu'on a levé, traqué avec une meute de chiens courants, s'avérant plus malin qu'un renard, réussissait parfois à égarer ses poursuivants en les détournant vers un congénère. Un autre cerf est lancé, et l'on dit que l'habile fuyard a « donné le change » aux chiens, en les lançant sur une fausse piste. Ce change est un « échange », la substitution de la bête, et « change » se disait de la bête changée elle- même.
La référence à la vénerie n'est plus comprise aujourd'hui. « Donner le change », expression de roublardise, a fini par berner la langue elle-même, qui a depuis longtemps i publié quel gibier elle courait.