« Elles se soumettent au travail, exécutent des ouvrages, ont une société politique, des conseils particuliers, des chefs communs, et, ce qui est plus merveilleux, elles ont une morale. » Pline l’Ancien

C’est la seule à échapper au blâme quasi généralisé qui concerne les femmes.

Parmi ses adorateurs, on compte une bonne proportion d’ermites et quelques poètes, la seconde catégorie pouvant recouper la première ; la ruche est leur autel.

Ardeur au travail, fidélité, tempérance et propreté. On ne s’amuse pas beaucoup avec l’abeille, mais on peut lui faire confiance aussi assurément qu’à un clerc de notaire luthérien et c’est pourquoi on l’épouse.

D’ailleurs, « elle vieillit avec son époux qui la chérit, après avoir engendré une descendance belle et renommée ».

Autre qualité importante : « Elle ne se réjouit pas d’être assise parmi les femmes où l’on parle d’amour ». Trop occupée pour jacasser, l’abeille a développé un langage crypté dont le secret a été partiellement percé par le chevalier et zoologue Karl von Frisch, il y a environ un siècle.

Malgré les qualités qu’on lui prête, peu est fait pour la préserver de son ennemi mortel, un poison mis au point dans le secret des laboratoires de l’industrie du pesticide et appelé Roundup. S’ils le savaient, Von Frisch et Sémonide se retourneraient dans leur tombe.

La langue arabe offre un supplément de grâce et de beauté à l’abeille dans un imaginaire bien plus sensuel et suave, associant abeille, fleur et miel.