C'est bien beau de lire que le serpent a convaincu Eve de croquer la pomme et qu'Eve a fait miroiter les vertus du fruit à Adam.
Mais en quelle langue, puisque personne, avant eux, n'existait pour leur en enseigner une ?
Dans l'orthodoxie catholique médiévale, pas de problème : puisque Dieu s'était révélé en langue hébraïque, Adam et Eve avaient reçu la faculté de parler hébreu. La multiplicité des langues n'est apparue que plus tard, après l'échec de la tour de Babel.
Mais, dans la suite des temps, on s'est posé des questions.
C'est ainsi que certains choisirent bravement leur propre langue !
Le savant Jean Goropius, affirme, dans « Origine Antverpiance », que la langue du paradis terrestre était le « cimbrique », soit une ancienne forme de flamand !
Plus curieux encore, l'apport breton : Un dénommé Le Brigant soutint sérieusement qu'Adam faillit s'étrangler en avalant un morceau de la pomme fatale et s'écria : « A tam ! » (Quel morceau !). À quoi sa compagne répondit : « Ev ! » (Bois!). Voilà pourquoi ils s'appelaient Adam et Eve...
En 1806, un Basque d'Espagne, nommé Erro, et, plus récemment, une publication, « Mundo primitive », aboutirent à la conclusion que la langue originelle avait été le basque.
Le savant Scandinave Kempe fut moins exclusif. Selon lui, Dieu parla suédois, Adam, danois (puisque tout dans la structure de cette langue montre une sorte d'usure phonétique par rapport au suédois), et c'est en français, évidemment, que le serpent adressa la parole à Eve !
Il paraît qu'en Perse on envisageait une théorie analogue. Adam et Eve devisaient en persan, qui est la langue de l'amour et de la poésie. Le serpent leur parla en arabe, langue qui se prête à la persuasion.
Quand l'archange Gabriel fat mandé pour expulser les hôtes du Paradis, c'est en vain qu'il se servit du persan et de l'arabe. Alors, il les apostropha en turc, car c'est le plus propre au commandement et à la menace !