« Masturbation » vient de « manus » (main) et de « stuprare » (souiller, polluer). Jusqu'au 17e siècle, elle était considérée comme un péché très ordinaire et n'inspirait aucune frayeur.
C'est avec la publication à Londres, vers 1715, d'une brochure intitulée « Onania », attribuée au docteur Bekkers, qu'elle devint un affreux péché causant perte de mémoire, affaiblissement général allant jusqu'à la perte de virilité, stérilité, etc.
Il fallut attendre les années 60 pour que la masturbation ne soit plus considérée comme une maladie.
La plupart des dictionnaires confondent « masturbation » et « onanisme ».
Le docteur Pierre Hermann définit cet autoérotisme comme « un acte consistant à obtenir le plaisir sexuel par l'excitation des organes génitaux avec la main, sur soi-même ou sur une autre personne ».
Il existe pourtant une différence, tant dans l'objectif de l'acte que dans le sexe lui-même, puisque l'onanisme, pratique strictement masculine, remonte à la Genèse et ne visait point le plaisir sexuel.
Le terme, apparu au 18e siècle, référait à « Onan », un obscur personnage biblique.
Ce dernier avait un frère marié, qui mourut. Son père. Judas, lui dit : « Va vers la femme de ton frère, remplit avec elle ton devoir de beau-frère (selon la loi du lévirat) et assure une postérité à ton frère. ».
Mais Onan savait que, selon cette même loi, le premier fils était imputé au défunt et que la postérité ainsi obtenue ne serait pas sienne.
Donc, chaque fois qu'il s'unissait à sa belle-sœur, il laissait perdre sa semence pour ne pas donner de descendant à son frère.
Il ne s'agissait donc pas de masturbation, mais de « coït interrompu... »
Cette évidente mauvaise volonté déplut à Yahvé, qui le fit mourir lui aussi ! (Genèse, 38)
Pauvre veuve !