Du latin « caseus formaticus ». « Caseus » désignait l'aliment obtenu par la coagulation du lait et « formaticus » la forme, le formage...

La « forme » était un panier en osier, en jonc ou en tissu dans lequel on plaçait le lait caillé pour le faire égoutter.

De « formage », comme on l’écrivait il y a quelques siècles, les langues ayant fourché sur la première syllabe, on est passé à « fromage».

À noter également le latin « forma » qui désigne un moule à fromage et le grec « formos » qui veut dire forme.

Le Reblochon :

On connaît le reblochon, un délicieux fromage à la pate molle et à la croûte dure. Il est originaire de Thònes, en Savoie, et des montagnes entourant le lac d'Annecy.

Or, au 16e siècle, les fermiers des alpages devaient payer une taxe proportionnelle à la production de lait du troupeau. C'est pourquoi ils eurent l'idée de ne traire les vaches qu'à moitié, se réservant une seconde traite -ou « rebloche »- pour leur propre compte. Avec ce deuxième lait - très riche en crème –ils fabriquèrent le savoureux reblochon que l'on connaît.

Saints... FROMAGES

Autrefois, on n'hésitait pas à prendre des arrangements avec le ciel, entre autres quand il s'agissait des vaches et de leur lait (a l'originede délicieux fromages).

C'est ainsi que divers saints furent mis a l'œuvre : saint Nectaire, saint Pourcain, saint Marcellin, saint Paulin, sainte Maure... Il y en a plus de 35 !

En l'église de Dompierre-sur-Elpe, en Thiérache, on frottait une baguette de coudrier sur la statue du saint protecteur et, une fois à la maison, on frottait cette même baguette sur l'échine des vaches. C'était alors une superbe production laitière assurée pour une année !

Attila

Le physiologiste Paul Bert (1833-1886), ayant invite a sa table quelques amis, hommes politiques et savants, leur fît servir du fromage... de lait de femme !

Chacun se régala de ce petit fromage rond, blanc comme neige... même si l'un des convives, Jacques-Eugène Spuller, parla cependant d’ « anthropophagie » ! Mais un autre invite le rassura : « Au pire rêverez-vous cette nuit que vous étiez encore en nourrice ? »

Le Moyen Age disposait de divers « moyens judiciaires » pour prouver la culpabilité des accusés : épreuve au fer rouge, noyade, etc. Pendant la période mérovingienne (465-751), l'une des épreuves les plus curieuses (et la moins douloureuse) était celle du « pain et du fromage ». Un homme accusé de vol était conduit a l'église, ou il devait manger ces aliments pendant que le prêtre faisait une invocation. En cas de culpabilité, le pain et le fromage « ne passaient pas » et leur rejet constituait un aveu!