Être de bonne ou mauvaise humeur.
Le vocabulaire le plus familier est parfois issu de croyances très anciennes.
C'est le cas de cette expression qui décrit l'humeur agréable ou maussade de chacun. « Luné » s'emploie rarement en dehors de cette formule qui évoque la « lune ». C'est bien le nom du satellite de la Terre qui en est à l'origine.
L'adjectif « luné », au 16e siècle, sert à qualifier ce dont la forme rappelle celle du croissant de lune.
Cet astre hautement symbolique, depuis l'Antiquité, influence les humains. Apparu au 19e siècle, « bien, mal luné » signifie littéralement « bien, mal influencé par la Lune ».
Conformément à l'idée d'une concordance entre le macrocosme (l'univers) et le microcosme (l'être humain), on a toujours pensé que les astres ont une influence décisive sur le caractère humain et sur la nature, ce que confirme la science avec le phénomène des marées.
Ce que la Lune a certainement influencé, c'est notre vocabulaire. Le satellite étant lointain, une personne « lunaire », tel Pierrot, est un être rêveur, toujours dans la lune.
Comme la forme éclairée du satellite, vue de la terre, est changeante, on a qualifié de « lunatiques » ceux dont le caractère est instable.
Le mot désignait auparavant les individus victimes d'accès de folie, sens qu'a gardé l'anglais « lunatic ».
Les Italiens disent d'une personne de mauvaise humeur qu'elle a « la luna storta » (la lune de travers).