Quelle est cette petite selle que l'on devine dans « sellette » ?
A-t-elle à voir avec les sports équestres ?
« Sellette » est bien le diminutif de « selle ». Avant de devenir une pièce importante en équitation, offrant une posture droite au cavalier, la selle était un petit siège de bois sans dossier, une sorte d'escabeau ou de tabouret.
Le mot a pour origine le latin « sedere », (être assis, demeurer ; être fixé), qui est à l'origine de « seoir et asseoir », et aussi de « assiette », qui conserve l'idée de position dans « ne pas être dans son assiette ».
Cette position assise fait le lien entre la « selle et la sellette ». Il s'agissait d'un petit siège bas sur lequel on faisait asseoir l'accusé. « L'interrogatoire sur la sellette est la pièce la plus essentielle de l'instruction d'un procès criminel » nous dit Furetière dans son Dictionnaire.
Ne pouvant s'adosser, soumis au feu roulant des questions, l'accusé courbait le dos. Celui qui est « sur la sellette » est dans une position fragile, instable, inconfortable, soumis au jugement d'autrui, redoutant le verdict. Le petit tabouret s'est confondu avec la position inférieure de l'individu interrogé.
L'usage de la sellette disparut avec la Révolution et l'origine de cette expression n'est plus perçue. Le coupable présumé est toujours assis au tribunal et « être au banc des accusés » n'est pas plus confortable.