Un homme ou une femme ayant de la finesse et de l'habileté pour attraper les autres.

Rappelons tout d'abord que, pour des raisons évidentes, les mouches ont toujours été très mal considérées. Dès l'Antiquité, les insecticides n'existant pas, on tentait de s'en débarrasse par des moyens assez curieux.

C'est ainsi que les Grecs sacrifiaient un bœuf à Zeus pour qu'il les préserve des mouches, ce qui, pourtant, n'était pas le meilleur moyen de les éloigner !

A Rome, on faisait des sacrifices dans le même but... avec le même résultat.

D'autres, faute de mieux, en étaient réduits à l'optimisme à l'état pur : une légende mahométane prétend que toutes les mouches sont destinées à périr, sauf la mouche à miel.

Chez les Hébreux, Belzébuth, dont le nom signifie « dieu des mouches » était une fausse divinité. On dit que jamais une mouche ne pénétra dans le Temple de Salomon…

Cette mauvaise réputation est générale. Dans le Roman de Renart. une femme « se chicanant » avec une autre, lui crie : « Vous êtes plus pute qu'une mouche ». C'est tout dire.

Mais ces diptères ennuyeux et malsains ont un autre inconvénient : leur indiscrétion.

C'est pourquoi, de bonne heure, elles ont été synonymes d'« espion», d'où il nous est resté « mouchard ».

Dans l'« Odyssée d'Astérix », on voit une mouche dressée par les Romains pour espionner les Gaulois... Méfions-nous donc des « fines mouches », pas toujours fines...

L’expression « une fine mouche » est née d'une rencontre entre « mouche » au sens d'espion d'une activité redoutable et invisible, et « mouche », insecte si petit et si mobile qu'il est difficile de s'en saisir.

C'est le portrait en deux mots d'une personne spirituelle et habile à se tirer élégamment d'affaires dans les situations les plus embrouillées, et à toujours parvenir à ses fins.