Finir brutalement, de manière décevante, sans donner les résultats attendus.
Imaginez un de ces marins au long cours d'autrefois, ballotté par les flots pendant de nombreux mois pour la moindre traversée d'un océan et sans aucune femme à bord.
Soudain, alors que la vigie perchée dans la hune annonce « Terre à l'horizon ! », notre marin aperçoit le torse d'une magnifique créature qui se tient à un rocher et qui chante d'une voix sublime.
Poussé par le désir de l'entendre de plus près (et d'autres envies, aussi, peut-être), notre homme plonge à l'eau, nage à grandes brassées vers la beauté et s'en approche suffisamment près pour se rendre compte avec effroi que son corps sans jambes se termine par une superbe nageoire.
Notre pauvre marin vient de se faire piéger par une sirène. Mais dans l'affaire, il n'a pas tout perdu, puisqu'il vient aussi de comprendre le pourquoi de notre expression.
Au 1er siècle avant J.C., au début de l'art poétique, Horace compare déjà une œuvre d'art sans unité, donc décevante, à un beau buste de femme qui se terminerait en queue de poisson : « Desinit in piscem mulier formosa superne », ce qui signifie : « De sorte que le haut soit d'une femme aimable, et le bas représente un poisson effroyable ».