Une nuit sans sommeil
L'idée la moins originale mais peut-être la plus véridique est la simple opposition avec la « nuit noire », celle où, en temps normal, on dort d'un sommeil généralement bien mérité, une nuit passée en restant éveillé étant alors « une nuit blanche », soit par contraste, soit parce qu'on la passe avec une lumière allumée.
Bien entendu, on peut trouver quelques autres explications, la plus répandue, et certainement la plus fausse, évoque les chevaliers qui, la nuit précédant leur adoubement, devaient la passer éveillés dans une tenue entièrement blanche.
Toutefois, une autre hypothèse, nettement plus vraisemblable, cette fois, car elle respecte la chronologie, nous vient de Saint-Pétersbourg, en Russie.
À l'époque du règne d'Élisabeth, la cour royale dans cette ville, qui était alors la capitale du pays, était fréquentée par de nombreux Français, en été principalement. Or, à cette époque de l'année et à cette latitude, les nuits sont loin d'être vraiment noires, le soleil ne se couchant jamais complètement. Et dans ces années-là, la vie nocturne battait son plein. Autant dire que ceux qui participaient aux bals et autres fêtes tardives, passaient des nuits doublement blanches à la fois, par l'absence de sommeil et par la luminosité de la nuit.
Il se peut donc tout-à-fait que le terme russe nuits blanches ait été ramené et popularisé chez nous par les Français qui passaient du bon temps là-bas.