Dans une assemblée ou une réunion, très peu de monde.

Cette expression contient deux informations sur lesquelles il faut se pencher : le nombre de personnes est très réduit et ces personnes sont sans intérêt.

Pour ce qui est du nombre, la compréhension est facile : trois plus un font quatre, ce qui est très peu pour un endroit ou une réunion où l'on s'attend à trouver du monde.

Mais pourquoi ce dédain pour les pelés et le tondu ?

Il est bon de savoir que Rabelais, au 16e siècle, utilisait « trois teigneux et un pelé ».

En ancien français, un « pelé » est, dans un sens métaphorique péjoratif, un avare, une canaille, un miséreux, c'est-à-dire quelqu'un de peu fréquentable.

A ces sens, il faut aussi ajouter plus tard celui qui est « pelé » parce qu'atteint de « pelade », affection du cuir chevelu faisant craindre aux autres, à tort, un risque de contamination.

Quant au tondu, s'il l'était, c'est parce qu'il avait la teigne, dermatose parasitaire du cuir chevelu (d'où les « teigneux » de Rabelais).

Nous avons donc affaire ici à des gens qui étaient considérés comme malsains ou malpropres et ce sont eux qui ont été choisis autrefois pour, dans notre expression, désigner des personnes sans intérêt, à éviter.