« La pleine lumière, le jour éclatant, l’ivresse du monde, l’importune et la blesse. » Joseph de Pesquidoux
Oiseau migrateur de la taille d’une perdrix, la bécasse est un gibier estimé du chasseur en raison de la difficulté quelle offre à prendre docilement le plomb. On peine donc à comprendre que le mot désigne depuis le 18e siècle une femme idiote, éventuellement maniérée.
En 1905, le terme présente une nouvelle déclinaison avec le personnage de Bécassine, provinciale débarquée à Paris avec sa coiffe et ses sabots et promue héroïne de bande dessinée.
Peu rompue aux mœurs parisiennes, déroutée par les usages des gens de la capitale, Bécassine incarne le bon sens et l’entêtement communément associés au monde rural.
Notons que son père, Joseph Pinchon, a sciemment omis de la doter de bouche, la privant ainsi des délices du bavardage. Mais rappelons que ce plaisir commun a des origines bien dégoûtantes : « bavarder » dérive de « bave », ce liquide visqueux qui s’échappe abondamment de la bouche aux deux pôles de la vie, soit au bas âge et au grand âge