On le sait bien, elle est économe et sobre et, du matin au soir, parfois même nocturnement, elle nettoie, frotte, brosse, récure, range, trie, ravaude, repasse, gratte, dégraisse, désosse, cisaille, découpe, hache, taillade puis ficèle...

Respectées par leur mari en raison de cet ensemble de vertus, elles sont souvent méthodiquement trompées par ces derniers en raison même de ces vertus.

C’est ainsi que, contrarié par l’inconstance de sa maîtresse Caria, le célèbre Zeno a subitement besoin de « courir auprès de sa vraie femme, simplement pour la retrouver à sa besogne de fourmi laborieuse, rangeant les vêtements d’hiver, dans une atmosphère de camphre et de naphtaline ». Camphre et naphtaline, cela suffira pour caractériser la fourmi.

En hébreu, la métaphore, assez répandue, désigne uniquement les femmes et peut se traduire par bosseuse.