En dégustant la recette basque « chipirones en su tinta » (calmars dans leur encre), on a du mal à relier ces excellents céphalopodes à un vulgaire... roseau.

Les Romains écrivaient non seulement sur des tablettes de cire, mais aussi sur du papyrus, à l'aide d'un roseau taillé (calamus en latin) trempé dans le « calamar », désignant en vieux français l'encrier qui contenait un liquide noir, cette encre épaisse relâchée dans la mer par les calmars, les seiches et les encornets quand ils sont menacés.

Du roseau à l'encre, de l'encre à l'encrier et de ce dernier au mollusque, seul nous est resté « calmar » ou « calamar » (les deux se disent, bien que le premier soit de loin le plus fréquent). Notons qu'une espèce voisine, la seiche, donne son nom latin, « sepia », à une couleur brun foncé (sépia).