« Cher » vient de « carere » (manquer) d’où « carus » (aimer, couteux) donc « chéri-e »
On dit « cher ami » ou « ma chérie ». En fait, c'est une question d'estime.
« Tu m’es cher » veut dire « tu m’es d’un grand prix » ou encore « tu me manques ».
La valeur de l'amour est donc « estimée ». L'être aimé qu’on choie devient « coûteux ». Pour lui, ou elle, on donnerait « tout l'or du monde ». Et si on le, ou la nomme « mon trésor », ça devient littéralement hors de prix.
« Cher » est ce qui manque et que la rareté fait devenir précieux : « La vie est belle, disent les Allemands, mais elle coûte cher. On peut l’avoir à meilleur marché, mais alors, elle n’est pas si belle. »
Le mot « cher », ne l'oublions pas, se prononce comme « chair », d'où intrication érotico-gastronomique.
Pourquoi mélanger amour et argent puisque le proverbe dit expressément que « l'argent ne fait pas le bonheur » ? Ajoutons que « voilà une affirmation gratuite qui peut nous coûter cher ».
« Chair » lui nous vient de « carnis » (viande).
Il a perdu son « n » mais Il l’a gardé dans les dérivés : « charnel, acharné, carnassier ».
« Chère » vient de « cara » (visage).
« Faire bonne chère » ce n’est pas manger de bonnes viandes, mais c’est faire « bon visage ».
Le sens originel de « chère » était un bon accueil puis par extension c’est devenu un bon repas. On entendait en effet que pour offrir un bon repas, on devait également offrir un bon accueil.
« Chaire » du grec « cathedra » (siège) est à l'origine le siège d'un évêque dans son église (maintenant désigné sous le terme de cathèdre). La chaire est également la tribune du prédicateur dans une église.
Saint Augustin révélait à son ami : « Quand j'étais jeune, je me vautrais dans la chair et la bonne chère, avant d'entrer plus tard dans la chaire, mon cher »