Dans tous les royaumes chrétiens, les juifs étaient délibérément isolés des autres habitants d'une ville, d'où des quartiers spécifiques, dénommés « juyverie » en France, « giudecca » en Italie, où ils étaient consignés, même s'ils pouvaient librement se mêler à la population.
Populations stigmatisées, les juifs étaient régulièrement victimes de répressions.
« Ghetto » n'est pas un mot yiddish ou hébreu. C'est à Venise que nous devons le mot « ghetto ».
On lui prête deux origines : les eaux sales issues du traitement des peaux (métier autorisé aux juifs !) étaient appelées ghetto (de « ghettare » -jeter-).
L'usage du mot fut étendu au quartier où vivaient les juifs.
« Ghetto » peut également provenir de l'abréviation de « borghetto » (petit bourg), sorte d'îlot urbain entouré d'un mur et fermé par une porte où l'on confina les juifs à partir de 1516. L'accès en était bloqué la nuit ainsi qu'à chaque fête chrétienne.
Bonaparte prit Venise, supprima le ghetto et en interdit même le principe. Mais les familles juives de Venise préférèrent continuer à vivre ensemble.