Le sort en est jeté. La décision est prise, l'action est lancée, advienne que pourra.

Aléa en latin signifiait « jeu de dés » ou « dé » et par extension, il a désigné le sort ou le hasard.

On s’y réfère pour désigner tout choix de type irréversible, aussi calculé que soit le risque pris. Le succès en est précisément « aléatoire ».

Selon l'historien Suétone, Jules César a prononcé cette phrase au moment où, à la tête de son armée venant de Gaule, il a franchi le Rubicon, prêt à affronter le consul Pompée qui dirigeait Rome, alors que la loi romaine imposait pourtant à tout général de se séparer de ses troupes avant de passer cette rivière.

Ce jour-là, au début de l'an 49 avant J.C., César a joué, a pris un double risque, celui de transgresser une loi et de perdre sa guerre contre Pompée, et il a gagné puisque le consul ayant d'abord fui Rome, puis ayant perdu la bataille décisive de Pharsale, en Thessalie, César est arrivé au pouvoir peu après.

Il a pourtant dû ressentir le frisson du joueur qui jette ses dés et qui, sur un seul coup, peut tout perdre. D'où ces mots devenus célèbres qui viennent du fait qu'une fois que les dés sont jetés (que l'action est lancée), il n'y a plus qu'à attendre qu'ils tombent et s'arrêtent pour constater ce que le sort aura bien voulu décider. Ils marquent aussi une décision prise irrévocablement, quelles qu'en soient les conséquences.