Quand l’homme meurt, il se souvient de son animalité.....

C'est pour cela que, vulgairement parlant, il « crève ». Et, dans ce cas, il n'a pas d'âme promise à la résurrection.

Au figuré, « crever » de quelque chose peut être seulement « souffrir, pâtir de quelque chose ». Ainsi, dans, une discussion de café du Commerce : « Mais, monsieur, l'incapacité et la prétention des technocrates... mais on en crève ! »

Quand l'animal meurt, que dit l'homme qui en est le témoin ? Jules Renard, par exemple, au dernier jour d'une vache, hésite :

« Brunette est crevée, et le soir, j'ai rencontré le sonneur de l'église, et je ne sais pas ce qui m’a retenu de lui dire : - Tiens, voilà cent sous, va sonner le glas de quelqu'un qui est mort dans ma maison. »

« Crever la bouche ouverte » (variante : crever la gueule ouverte); c'est mourir de faim ou de soif, ou des deux confondues, après qu'on est rentré chez soi bredouille, les mains vides de denrées ou d'argent pour en acquérir.

On emploie souvent l'expression pour se plaindre par avance d'une probable défection des autres, en cas de coup dur : « Je pourrais bien crever la bouche ouverte... », sous- entendu que personne ne lèverait le petit doigt pour me venir en aide.

Dans crever la gueule ouverte, il peut y avoir l'idée d'asphyxie, la bouche cherchant désespérément son oxygène dans un air où il est raréfié. C'est pourquoi Gueule ouverte devint le titre d'une publication écologiste, qui apparut dans les années 1970.