Des pieds à la tête

Ne pas confondre avec les fameux films de « cape et des pieds ».

La formule « de pied en cap » est victime d'une erreur fréquente : certains écrivent « cap » comme son homonyme « cape », le vêtement sans manche qui enveloppe le corps et les bras.

« Cap » (tête) vient du latin « caput », de même sens, qui a enrichi notre vocabulaire : « décapiter » fait perdre la tête, le « capitaine » est à la tête, la « peine capitale » coûte la tête, le vin « capiteux » monte à la tête.

On disait se trouver « cap à cap » avec quelqu'un lorsqu'on le rencontrait en tête à tête. « De pied en cap », c'est donc tout simplement « des pieds à la tête », puis « complètement ».

En ce sens, le mot n'a pas fait fortune : la langue lui a préféré « chef » (également issu du latin caput), qui fut lui- même évincé par « têt » et dont il ne reste que quelques vestiges en ce sens, « couvre-chef » ou « branler du chef ».

Cap s'est en revanche implanté dans les domaines géographiques et maritimes : depuis la fin du 14e siècle, on l'emploie pour désigner une pointe de terre qui s'avance dans la mer puis la direction d'un navire, avec les divers emplois figurés qui en découlent, comme « garder le cap. »

L'expression « de pied en cap » est tout ce qui reste du sens originel de « cap ». Et même si les deux mots n'ont rien à voir, rien de tel que s'enrouler dans une cape pour se couvrir « des babouches au tarbouche », comme on dit au Liban. Alain Rey

ENLEVER UNE ÉPINE DU PIED

Une des statues les plus célèbres de l'Antiquité, « il spinello », représente un adolescent assis, penché sur son pied gauche et qui s'affaire à en extraire une épine.

Est-ce cette superbe œuvre d'art qui a fait entrer l’expression dans le style noble des classiques, qui au figuré signifie délivrer ou se délivrer d'un grave souci d'un obstacle important qui ralentit la marche de nos affaires ?