Être de bonne / mauvaise humeur.

Le poil, c'est ce qui est visible en premier sur quelqu'un qui en a, avant même la peau.

Familièrement, on dit d'une personne de mauvaise humeur qu'elle est « de mauvais poil ».

Le « mauvais poil », de fait, était la couleur du rouquin, qui naissait avec « le poil rouge ». D’une couleur de cheveux rare, ajoutée aux taches de rousseur, les roux ont longtemps été considérés par de nombreuses cultures avec méfiance.

Dans l'esprit médiéval, porté par la religion et la littérature, on associait cette rousseur au traitre Judas et croiser un roux portait malheur.

Commerce avec le diable et sorcellerie firent le lit de cette réputation. Ainsi, naitre de « mauvais poil » n'était pas augure de belle humeur.

Et comme le caractère, ou plutôt l'humeur, lorsqu'elle n'est pas neutre, est quelque chose d'immédiatement palpable chez la personne face à soi, cela semble avoir suffi pour que, depuis longtemps, ce poil si repérable soit assimilé au caractère ou à l'humeur, si visible également.

« Être de bon poil » qui remonte au début du 19e siècle et qui puise ses origines selon certaines interprétations dans le monde animal et particulièrement dans le milieu des renards. Selon le cycle de reproduction de ces bêtes, la saison des amours commence au début de l’hiver, période qui coïncide avec le changement de pelage. A ce titre tant que le poil de la femelle n‘est pas bon, le mâle doit prendre son mal en patience.

D’ailleurs l’expression a existé au milieu du 14e siècle dans sa version « avoir la queue marquée de mauvais poil » pour désigner une personne de mauvaise humeur.

Selon d’autres interprètes, l’origine est plus humaine et pour tout le monde le poil est ce qui se voit en premier chez un individu, bien même avant la peau. C’est comme le caractère et quand une personne n’est pas totalement neutre, cela se repère très facilement comme le poil.