Si vous êtes de passage chez un Normand et que vous cherchez à mettre quelque chose au rancart, ne vous étonnez surtout pas qu'on vous traite de fumier, malgré l'amabilité légendaire des Normands.
En effet, d'après le linguiste Pierre Enckell, ce rancart argotique nous vient en presque droite ligne du verbe « récarter » qui, en Normandie, signifiait, au milieu du 18e siècle, « épandre » du fumier.
De ce verbe et dans la même région, est ensuite né le mot « récart » qui désignait un « rebut » (le fumier ou les produits qu'on épandait dans les champs étant généralement des choses rebutantes) et qui s'est répandu au-delà de sa région d'origine en se déformant en « rancart ».