Ne pas durer longtemps.
Curiosité : une histoire d'amour qui « n'a pas fait Iong feu » et une histoire d'amour qui « a fait long feu », cela revient au même. Du moins pour les amants.
Ceci n'est pas une réflexion oiseuse sur la vanité des sentiments, c'est une réalité lexicale de notre langue pleine de surprises.
En effet, « ne pas faire long feu » n'est pas la forme négative de « faire long feu ».
La première idylle s’est rapidement terminée, ce n'était qu'un « feu de paille », tandis que l'autre s'est soldée par un échec.
L'origine de « faire long feu » ne fait aucun doute. Parmi ses nombreux sens, « feu » désigne notamment une décharge de matière fulminante, comme dans « faire feu » ou « coup de feu ».
Du temps du « bâton à feu », une « arme à feu » appelée aujourd'hui carabine, il pouvait arriver que l'amorce d'une cartouche brûle trop lentement, de sorte que l'explosion ne se produisait pas et que le coup manquait son but.
La métaphore du coup manqué est passée dans la langue courante. On dit alors qu'un projet « a fait long feu » quand il a été abandonné ou qu'une farce a fait long feu quand elle ne prend plus.
Cependant, l'expression négative « ne pas faire long feu »( ne pas durer), a une origine incertaine. Il pourrait s'agir d'une confusion sur le sens de « feu » : l'origine de « faire long feu « étant oubliée ou mal comprise, la métaphore porterait sur la brièveté de la flamme.
Alors, l'expression serait trompeuse : elle voudrait dire « durer longtemps ».
Selon d'autres théories, « ne pas faire long feu » serait issu d'une image différente, celle du foyer allumé dans un âtre trop peu fourni pour brûler longtemps.
Les érudits auront beau faire feu de tout bois, ils ne connaîtront sans doute jamais l'origine de cette incongruité.