Personne méchante

Un « suppôt de Satan » n'est évidemment pas un suppositoire maléfique !

On comprend bien que le « suppôt » dont il est question ici est un individu qui a partie liée avec le diable, et cela ne met guère en confiance. Mais quel rapport un suppôt entretient-il avec le Malin ?

Impossible de percer ce mystère sans revenir à l'origine latine du mot. « Suppôt » vient de « supponere » (placer en dessous), ce qui est vrai aussi, physiologiquement et étymologiquement, du suppositoire.

Le « suppôt » est le vassal, le sujet de quelqu'un, celui qui est placé sous ses ordres ; c'est une personne soumise et subordonnée à une autre.

« Les imprimeurs et les libraires étaient les suppôts de l'université », nous dit Littré. Théophile Gautier désigne un médecin comme le « suppôt d'Esculape ». Ces suppôts-là étaient tout à fait fréquentables.

En s'acoquinant avec un personnage peu recommandable, « suppôt » est devenu péjoratif.

Dès lors, les suppôts furent présentés comme les acolytes de personnages mythologiques peu reluisants. On a dit « suppôt de Bacchus » pour désigner un ivrogne. Plus grave, les individus animés de mauvaises intentions sont des « suppôts de Satan ». Le prince des ténèbres, pour accomplir sa besogne, est secondé par les légions infernales. C'est dire si ses suppôts sont nombreux !

Le sens de I expression s'éclaire : non seulement on vilipende une personne en la rapprochant de celui qui représente le Mal absolu, mais encore on lui fait l'affront, au passage, de la traiter de sous-fifre...