Bref rappel : dans le costume masculin, la braguette, genre de poche contenant les parties génitales, était attachée au haut-de-chausse par un cordon à bouts ferrés qu'on appelait « l'aiguillette ».

Or, autrefois « jeter un sort » était extrêmement commun, à l'aide de maléfices, émanant d'amoureux éconduits, de femmes jalouses et autres.

Dans nos campagnes, « nouer l’aiguillette » en était un fameux. Il suffisait de prononcer certaines formules cabalistiques en récitant à rebours un des versets du psaume « Miserere mei Deus » et en faisant trois nœuds à une cordelette, et le mari (ou l'amant) ne pouvait absolument plus consommer !...

Cette superstition eut des effets quasiment catastrophiques et elle était si répandue qu'elle fut condamnée par les synodes et les conciles, notamment ceux de Rouen (1245). d'Autun (1503), de Périgueux (1536), etc. Jusqu’en 1741.

L'envoûté disposait d'une vingtaine de façons de « défaire ce nouage » : porter sa chemise à l’envers, mettre une bague sous le pied de la conjointe ou encore uriner dans le trou de la serrure de l'église où le mariage avait été béni, (méthode fortement désapprouvée par le curé).

A titre de curiosité, citons le cas authentique de Marie Pontonnier courtisée par un dénommé René Besnard elle lui préféra un armurier nommé Pierre Gadois, qu'elle épousa.

Le prétendant éconduit, fut rapidement soupçonné devoir « noué l’aiguillette » de son rival, lequel, malgré tous ses efforts (…..), ne put avoir de relations avec son épouse.

Finalement, le gouverneur, expédia Besnard au cachot et invalida le mariage de Mme Pontonnier. Fin de l'histoire.

Le soi-disant impuissant Gadois se remaria et eut 14 enfants. Le nouvel époux de Marie Pontonnier se remaria et eut 11 enfants.

Tout cela se passait entre 1657 et 1689, et le problème toucha de très nombreux ménages, au point que les coupables de « nouage » étaient souvent purement et simplement brûlés.