Il faut d’ailleurs dire que le mot « impôt », dérive directement d’un terme qui, déjà, supposait l’usage de la force, en effet « imponere », qui veut dire imposer.
Aujourd’hui, imposer n’est pas seulement établir un impôt, au sens dérivé, mais, au sens propre, c’est forcer quelqu’un à faire quelque chose, en l’occurrence à payer.
Tout, décidément dans la terminologie, indique que l’impôt est une expression de la contrainte.
Le mot « impôt » a d’ailleurs des dérivés évocateurs, ce qui va nous amener à parler d’ « imposture ».
En France, le percepteur des impôts était à l’origine un « imposteur ». Ce terme, qui n’avait rien de péjoratif, était une appellation officielle. Nous savons qu’aujourd’hui, il désigne quelqu’un qui se comporte avec tromperie, et que l’imposture est le mot qui désigne la tromperie elle-même.
Pour comble, l’imposteur est aussi le nom d’un poisson, également dénommé… « filou ».
Le rôle du fisc était naturellement de faire entrer de l’argent, ou des récoltes, dans le Trésor.
L’expression de sa force résidait dans son pouvoir de « confiscare », c'est-à-dire de confisquer, soit un terme qui, jusqu’au 15e siècle, ne portait que sur le fait, pour l’État, de s’accaparer sans contrepartie des avoirs appartenant à un contribuable.