Le 2 juillet 1816, la frégate « La méduse » s’échoue sur les récifs de l’île d’Arguin, près du Sahara.

A la fin de l’été 1816, tout Paris ne parle que de cet événement terrible qui s'est déroulé quelques semaines plus tôt, au large du Sénégal.

Après l'échouage de la frégate la « Méduse », des naufragés sont parvenus à gagner un radeau de fortune...

152 hommes prennent place sur ce radeau assemblé à la hâte. Brûlés par le soleil, assoiffés, affamés, ils dérivent pendant 12 jours. Les passagers deviennent fous.15 hommes seulement survivront.

Deux semaines plus tard, ils ne sont plus que quinze survivants à embarquer sur le navire venu les secourir ! Les autres sont morts de soif, de faim, ou ont sombré dans la folie... et, tragédie bien connue, les derniers vivants ont dû se livrer au cannibalisme.

Le récit de leur calvaire donnera naissance au fameux tableau « radeau de la méduse » peint par Géricault.

Fasciné par ce drame sordide, l'artiste Théodore Géricault a une idée audacieuse : consacrer à ce fait divers encore chaud un tableau immense (cinq mètres sur sept), à la manière des prestigieuses peintures d’Histoire ! Après deux ans de travail nourri par un effort de documentation exceptionnel, il présente son œuvre au Salon de 1819... Certains crient au scandale, d’autres au génie !

En tout cas, Géricault a joint l’œil du grand reporter à la vision du peintre romantique.

Le peintre Géricault a utilisé de véritables membres humains qu'il alla observer ou rapatria même discrètement de morgues dans son atelier pour peindre son célèbre tableau.

Son ami et admirateur, Eugène Delacroix, a posé lui-même pour cette œuvre : il s'agit du naufragé au centre, avec le bras gauche étendu.