D'une manière directe, nette et franche ; d'une manière mordante et incisive ; brutalement, sans tact, sans finesse, n'importe comment, précipitamment, à la hâte
Au début du 17e siècle, on parlait de « cautère emporte-pièce » pour désigner un objet tranchant destiné à être chauffé au rouge pour brûler les tissus et cautériser les blessures.
Et c'est le côté tranchant qui est important ici, car aujourd'hui, un emporte-pièce est un instrument d'acier tranchant ayant une forme bien précise qui permet de découper d'un seul coup des morceaux d'un produit généralement tendre (carton, cuir, tissu, pâte...) ayant les contours de l'emporte-pièce.
C'est de cette faculté de trancher net quelque chose qu'est née, la métaphore qui assimilait l'emporte-pièce à des « propos mordants ». Par extension, elle s'applique aussi pour désigner des manières brutales (très tranchantes), sans finesse.
ON N’EST PAS AUX PIÈCES
Ne pas être pressé, avoir tout son temps.
« Pièce » est un mot qui a des quantités de sens, de la pièce d'un logement, la pièce de monnaie, le morceau (de tissu, de puzzle...) ou encore la pièce d'artillerie, celle de théâtre ou celle à conviction (cette liste est loin d'être exhaustive).
Autrefois, on désignait aussi la « dame de compagnie », celle qui faisait payer l'utilisation de ses charmes, par « la pièce de campagne »' ou, pour signifier « longtemps », on disait plutôt « bonne pièce ».
Le tout, maintenant, est de savoir laquelle de ces pièces est à l'origine de notre expression.
Eh bien cela vient du 19e siècle, à une époque où, dans certains métiers, les employés étaient payés non pas à l'heure ou au mois, mais à la pièce produite (pratique qui existe encore de nos jours, même si elle n'est pas très répandue).
Celui qui était aux pièces était celui qui pouvait travailler suffisamment vite pour produire beaucoup de pièces et, ainsi, s'assurer un salaire décent.