Au 18e siècle, « estomac » est synonyme de « courage » et de « coeur ».

Ce sens subsiste dans l'expression qui signifie avoir du courage, de l'audace, de la générosité.

Mais elle peut aussi prendre un sens très péjoratif, ce qui arrive fréquemment, et devenir alors synonyme d'avoir une audace insolente à base d'intimidation, « un culot monstre » violant les règles élémentaires de la courtoisie et de la politesse. D'où l'expression faire quelque chose « à l'estomac ».

Elle a été ravivée en 1950 par Julien Gracq dans « la littérature à l'estomac », où l'écrivain déplore certaines mauvaises habitudes du monde des lettres. C'est une ellipse pour « faire quelque chose avec le même effet qu'un violon coup à l'estomac, qui laisse le souffle coupé et l'esprit incapable de réagir sainement ».