Le « ticket » fait partie du cheptel des mots français empruntés à l’anglais, qui les avait lui-même empruntés à date ancienne au français (tels budget, toast, etc.).

En l’occurrence, c’est au 16e siècle que le « ticket » est devenu anglais, après nous avoir chipé notre « étiquette ».

Si l’on vous dit que « vous avez un ticket avec une femme / un homme », vous pouvez remiser tout doute au vestiaire, car cela signifie que vous lui plaisez de façon manifeste et qu’il / elle vous envisage d’ores et déjà comme un(e) partenaire amoureux / se !

À l’instar n’importe quel ticket (de chemin de fer, d’auto de métro...), ce ticket amoureux accorde donc droit d’accès à la personne convoitée, comme si la séduction reconnue à celui ou celle qui l’approche constituait le prix à acquitter.

L’expression étant apparue au début des années 1950 : on a supposé qu’il pouvait y avoir une référence aux cartes d’alimentation qui avaient cours durant la guerre, où les tickets de rationnement présentaient de puissants attraits !

Mais la seule certitude qu’on ait, est qu’en 1943 comme le note Esnault dans « Dictionnaire historique des argots français », un ticket désigne dans l’argot des malfrats, une « femme qui suscite le désir ».

En tout cas, même si la forme en a été quelque peu remaniée pour paraître plus jeune (« avoir un ticket d’enfer, avoir un ticket de ouf »), l’expression a incontestablement un petit côté « vintage » qui fait son charme et la garde en vie.