Témoigner son repentir, s’avouer coupable.

On dit souvent de quelqu'un qui reconnaît ses fautes qu'il « bat sa coulpe ».

Pourtant, dans les manuels d'anatomie, on ne trouve nulle trace de cette partie du corps que l'on frapperait en signe de repentir.

En réalité, le mot « coulpe » n'a jamais rien désigné de concret.

Il vient du latin « culpa » (faute), qui est à l'origine d'un vocabulaire qui nous est plus familier : « culpabilité, inculper, disculper » ou encore « coupable » (où le L a disparu).

Dans le vocabulaire religieux, « culpa » et son équivalent français « coulpe » sont des mots importants qui désignent le péché volontaire, celui qui prive le pécheur de la grâce divine.

Au Moyen Âge, la « coulpe charnelle » renvoyait au péché de chair.

« Dire sa coulpe et faire sa coulpe », c'était confesser sa faute.

Du péché, on est passé à l'aveu du péché.

Dans la prière appelée « Confiteor » (Je confesse), le chrétien fait son acte de contrition et se reconnaît pécheur devant Dieu en disant « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa », (c'est ma faute, c'est ma faute, ma très grande faute).

Quand le prêtre prononçait à haute voix ces paroles au cours de la messe, il alliait le geste à la parole en se frappant la poitrine.

La gestuelle met en scène la confession publique : « se frapper » permet de manifester l'aveu, de reconnaître sa culpabilité. D'où l'emploi de « battre ».

On peut désormais « battre sa coulpe » sans se donner des coups.

L'expression est abstraite et veut simplement dire « avouer et regretter sa faute ».

Chose rare, l'équivalent latin s'est maintenu dans l'usage moderne, puisque l'on dit encore fréquemment « faire son mea-culpa » en dehors de tout contexte religieux. Et sans forcément joindre le geste à la parole.