En avoir assez, ne plus rien pouvoir supporter.
Tout le monde l'a reçue un jour ou l'autre, cette claque : celle du « ça suffit ! », qui fait qu'on en a sa claque. L'expression familière apparaît à la fin du 19e siècle pour signifier qu'on en a assez, qu'on est exténué.
Le mot claque, venu de « claquer », désigne en français des choses bien différentes.
S'agirait-il de ce coup donné du plat de la main que nous connaissons tous, rude taloche parentale ou gifle d'amoureuse déception ?
Ou bien de la claque des théâtres de jadis, formée de spectateurs payés pour assurer par leurs applaudissements nourris le triomphe d'un spectacle ?
On comprendrait que l'on puisse vite se lasser de prendre des baffes. Au second traitement, en revanche, plus d'un auteur a pris goût.
L'explication n'est pas aussi simple. Si le mot claque renvoie effectivement à la gifle, il signifie aussi l'abondance et l'excès. Ce sens abstrait vient peut-être de termes concrets anciens : on désignait par ce mot une mesure de lait, en Picardie, et le terme une claquée signifiait « une abondance de ».
Se claquer, c'était « se fatiguer à l'extrême » et, aujourd'hui encore, « être claqué » s'emploie pour « être à bout de force » sans avoir reçu de coups.
Tous ces emplois témoignent du fait que le terme claque a porté un sens très général d'intensité, comme « dose » ou « compte » dans les expressions « en avoir sa dose » ou « régler son compte à quelqu'un ».
On dit « claquer son argent », expression qui a plus à voir avec l'idée d'intensité qu'avec le bruit de la pièce sur le zinc. Le dégoût par l'excès : telle est la raison « d'être soûlé », « d'en avoir marre », « d'en avoir sa claque ».