En désordre

Avez-vous déjà quelqu'un portant un bicorne ?

Ce fameux couvre-chef ayant deux extrémités ressemblant à des cornes, chapeau que l'on voit régulièrement au sommet des bustes de Napoléon, par exemple (mais les militaires le portaient déjà pendant la révolution française).

Ces choses-là sont encore portées de nos jours ! Et pas par n'importe qui, puisque aussi bien les membres de l'Académie Française que les élèves de Polytechnique en portent.

Un tel couvre-chef pouvait se porter de deux manières : les cornes vers l'avant et l'arrière, port qu'on disait « en colonne », ou bien les cornes au-dessus des épaules, port qu'on disait « en bataille ».

On peut aussi noter qu'une armée pouvait passer de l'ordre « en colonne », « en carré » ou « sur le flanc » à l'ordre « en bataille » lorsqu'elle se déployait pour affronter l'ennemi.

Eh bien il semble que ce soit parce que le fait que le chapeau ne soit pas mis dans le bon sens a finit par faire utiliser « en bataille » pour désigner tout chapeau placé de travers ou de manière négligente sur la tête.

De là, le « de travers », symbole de désordre, a donné la signification actuelle de notre expression.

Alain Rey indique aussi le calembour « en mêlée » (donc « en désordre ») pour « emmêlé », puisque l'expression s'applique aujourd'hui principalement au système pileux, cheveux, sourcils ou barbe.