Avec désinvolture, de façon peu consciencieuse, de façon désinvolte, sans application
Voilà une expression a priori étrange !
Qu'est-ce qui peut justifier le lien entre la désinvolture et le dessus de la jambe, aussi belle serait-elle ?
Pour en avoir une petite idée, nous allons donc aller nous balader au 17e siècle (on trouve l'expression chez Molière) où l'on utilisait, avec le même sens, « par-dessous la jambe », locution elle-même issue de « jouer par-dessus la jambe ».
À cette époque, le jeu de volant (petit copain du badminton) et le jeu de paume étaient très pratiqués et « jouer par-dessous la jambe », c'était renvoyer la balle ou le volant en le frappant par-dessous la jambe.
Et cela sous-entendait aussi le fait de réussir à vaincre l'adversaire malgré cette manière peu orthodoxe de jouer.
Au figuré, cette dernière expression avait également pris plusieurs sens, d'abord celui de « obtenir aisément l'avantage sur un adversaire » (ce qui s'explique facilement, car celui qui se fait battre par un joueur qui renvoie ainsi n'est probablement pas d'un haut niveau), mais aussi celui de « avoir sur un adversaire une grande supériorité de talent, d'adresse, de finesse dans les affaires » et également celui de « déranger avec facilité les projets de quelqu'un, et par supériorité d'esprit ou de conduite, l'amener à nos vues ».
Toujours est-il que celui qui jouait de cette façon manifestait quelque désinvolture quant à la manière de jouer et au respect de son adversaire (sans compter qu'en jouant ainsi, il espérait probablement amuser la galerie).
Ceci explique le sens de notre expression d'autant plus incompréhensible au premier abord, qu'avec le temps, par confusion phonétique, le « dessus » prend le dessus sur le « dessous ».