« Tout dans sa maison, souillé de boue par elle, gît en désordre et roule à terre. Mais elle, sans se laver, dans ses habits sales, au milieu des ordures, engraisse » Sémonide d’Amorgos
« Força miseria ! » Depuis 28 siècles au moins, la « truie » et sa variante la « cochonne » désignent une femme aux manières indécentes. Vorace et sale, la truie est une fille qui couche : « Ce n’est pas assez! Tiens ! voleuse ! truie ! fille à matelots.»
Rien ne dissuade l’animal. En chaleur toute l’année, elle ne fuit pas l’approche du mâle quoiqu’elle soit pleine.
Si elle est érotiquement vorace, elle ne mérite pourtant pas la réputation de souillon qui la poursuit depuis toujours. Elle a même « un goût pour la propreté tel qu’il n’en existe dans aucun des autres animaux ». Et si elle cherche le bourbier, c’est en raison de sa « sensualité ». Elle ressent du plaisir « lorsqu’on la chatouille, sur diverses parties du corps et particulièrement sous le ventre », ce qui est un plaisir simple et commun à de nombreux individus.
En Espagne, la truie est très à l’honneur et trois termes sont utilisés pour désigner sa saleté physique associée à un degré plus ou moins prononcé de méchanceté.
« Una marrana » est employé pour caractériser la souillure. Du temps d’Isabelle la Catholique, le terme qualifiait les Juifs convertis suspectés de poursuivre secrètement leur pratique.
« Una guarra » signale une femme ayant atteint le point culminant de la saleté.
« una cerda », celle qui, en plus d’être physiquement répugnante, fera toutes les vacheries possibles.