Il existe un très beau poème tiré des métamorphoses d’Ovide :
« Tandis que sa main brutale tenait ma corne résistante, il la brisa et l’arracha de mon front mutilé. Les Naïades la remplirent de fruits et de fleurs odorantes, la consacrèrent aux dieux et la Bonne Abondance s'enrichit de ma corne. »
Voilà l'origine fabuleuse de la fameuse « corne d'abondance » : le combat entre Hercule et le fleuve Acheloûs, alors métamorphosé en taureau.
Cette corne, dite également « corne d'Amalthée », est figurée remplie de fruits et de fleurs, et fut, selon la légende, arrachée (comme dans le poème d'Ovide), de la tête d'Acheloûs, ou de celle de la chèvre Amalthée qui avait nourri Jupiter.
Il y a, sans doute, dans ces légendes une allusion à une partie de la très fertile Libye, qui a la forme d'une corne de bœuf, et qui fut donnée jadis par le roi Hammon à sa fille Amalthée.
Mais la corne présente un double symbole : pointe, elle évoque le mâle, réceptacle, elle évoque la femme. D'où, dans la tradition latine, sa représentation de la fécondité.
La « corne d'abondance » est aujourd'hui l'emblème de l'agriculture et du commerce.