Sans retenue. Très fort (en renversant la tête en arrière).
L’image d'une bouche entonnoir, « déployée » jusqu'au fond de la gorge semble avoir inspiré certaines faces humaines du peintre Francis Bacon.
Ce rire peut en effet être très joyeux, mais s'il devient hurlement, c'est le cas chez Bacon, il devient symptôme d'hystérie ou de folie, comme il advient parfois dans nos prétendues « fêtes de la musique ».
Peut-on vraiment déployer sa gorge comme d'autres déploient le tapis rouge à Cannes ou la banderole en tête de la manifestation ?
Probablement pas, à moins d'être bizarrement constitué ; et, même s'il s'agit d'une métaphore, l'usage de ce verbe semble rester mystérieux.
Apparue à la fin du 16e siècle, l'expression évoque bien la partie antérieure du cou, celle dans laquelle peut parfois se loger un chat, mais pas la gorge féminine qui nécessite un soutien.
Elle a été précédée d'autres versions utilisant des verbes tout aussi étranges dans ce contexte, comme « rire à gorge rompue » ou bien « rire à gorge étendue » (très proche de notre « déployée »).On on a même vu, plus tard, apparaître « à gorge déboutonnée ».Autant d'images qui supposent que le gosier ou la gorge d'où sort le rire, s'agrandit démesurément pour le laisser passer lorsqu'il est intense.