Admettre avoir commis une erreur.

Voilà bien une situation ironique : on emploie l'expression « au temps pour moi » afin de reconnaître qu'on s'est trompé, et aussitôt, on se voit accusé de commettre une faute d'orthographe...

En effet, cette expression, familière pour l'Académie française, est le plus souvent écrite sous la forme « autant pour moi ».

Elle se comprend alors comme une manière concise de dire « j'ai commis autant d'erreurs que vous…. » ou « je me suis trompé et mérite autant que vous d'être sanctionné…. ».

L'explication, séduisante, ne correspond pas à la vérité. L'Académie reconnaît que cette graphie est courante aujourd'hui, mais rien ne la justifie.

L'emploi du mot « temps » du latin « tempus » (durée), loin d'être fautif, s'explique pourtant.

« temps ! » est un commandement propre au langage militaire. Prononcée au cours d'un exercice de maniement des armes, lorsqu'une faute a été commise ou qu'un mouvement a été mal exécuté, l'expression ordonne la reprise du mouvement au temps précédent ou depuis le début.

C'est dans ce sens que s'entend également « au temps pour les crosses » (ordre donné quand les crosses de fusil ne sont pas retombées en même temps) durant les répétitions de prises d'armes.

Au sens figuré, l'expression permet de concéder la nécessité de reprendre un raisonnement où une erreur a été constatée, et signifie qu'on va reconsidérer les choses depuis le début.

On voit quel faux problème pose cette double graphie, et « au temps pour moi », pourtant impeccable, est souvent tenue pour fautive. À ceux qui redouteraient d'employer cette expression, craignant la faute, on peut donner ce conseil : facilitez-vous la tâche en optant pour la formule latine « mea culpa ! » Alain Rey

Variantes et explications fantaisistes :

AUX TEMPES POUR MOI

La véritable et seule authentique forme réelle avérée est : « aux tempes pour moi ». En effet, lorsqu'un officier ou un cadet russe s'était trompé, on constituait un jury d'honneur. Celui-là décidait, comme cela va de soi, de le contraindre au suicide. Le descendant des boyards s'exécutait (dans tous les sens du terme) en s'exclamant : « Aux tempes pour moi ! »

ETAMPES POUR MOI

En réalité, C’est un militaire qui, chaque fois, qu’il arrivait au guichet de la gare, annonçait « Etampes pour moi. »

OTAN POUR MOI

On raconte que c’est le Général de Gaulle, voulant que la France prenne le commandement de l’Otan, qui eut cette réplique bien connue : « OTAN, pour moi ! »

OTANT POUR MOI

La version littéraire étant que l’amoureux transi évoquant sa maîtresse disait : « ôtant pour moi…… son léger vêtement »

OTE HAMPE OUR MOI

En vérité, ce n’est qu’une charade à tiroirs

  • Mon premier est enlevé par un Général (c’est OTE car Charles ôte)
  • Mon deuxième est enlevé gauchement (c’est HAMPE car hampe otée)
  • Mon troisième est une bourrasque (c’est OUR car ouragan)
  • Mon quatrième est un jeune prêtre (c’est MOI car moinillon)

Et mon tout est l’ordre d’enlever le porte drapeau (OTE HAMPE OUR MOI)

OSTENDE POUR MOI

L'expression remonte à 1697 lorsque Louis 14 dut restituer ses conquêtes aux Pays-Bas. Lors des négociations, on lui avait proposé de conserver la ville d'Ostende et il avait refusé car il n'en avait pas compris le sens. Le roi Soleil laissa échapper cette phrase de dépit. « Ostende pour moi »,

HO TENDS POUR MOI

Il y a aussi la variante du mari impuissant offrant sa femme à Ho Chi Min en lui disant « Ho…..tends pour moi !! »

OH ! TROMPES-MOI

Mais que faites-vous de la plus ancienne attestation de l'expression du mari pervers qui demandait à sa femme d’aller avec un autre homme « oh ! Trompes-moi »

HORTENSE POUR MOI

L'expression véritable est « Hortense ! Pour moi ! » Il s'agit -- vous l'avez deviné -- d'Offenbach évoquant « son » Hortense Schneider qui ne voulait plus chanter à une répétition.

BEAU TEMPS POUR MOI

Pas du tout, j'ai déjà expliqué que c'était lors d'une communication téléphonique entre Deferre et Baudis père, à propos de la pluie et du beau temps. Deferre disant : « Ici, mistral ! » Et Baudis répondant « Beau temps pour moi ».

HAUTE TEMPE POUR MOI

Simple réplique de colonel après la bataille s'adressant à ses hommes pour exalter leur fierté. Penchant légèrement la tête de côté, dans une sorte de coup de menton de bas en haut, il leur disait : « Haute tempe pour vous, haute tempe pour moi ».

OCTANTE POUR MOI

On ne peut laisser dire n'importe quoi, et restituer l'origine dans son contexte réel, archi-démontré et prouvé : les évènements ont eu lieu en Belgique, où Camille Ruissens et Pierre Jusckklix jouaient aux cartes. Camille Ruissens compta les points à la fin de la partie : « 20 pour toi, Octante pour moi ». C'est cet « octante pour moi » qui est passé à la postérité.

OH ! TANT POUR MOI ?

Il y a aussi l'explication lubrique, la dame admirative voyant pour la première fois l’amant nu, s’exclame admirative : « Oh ! Tant pour moi ? »

AU TAMBOUR MOI

Rappelez-vous cette chanson enfantine : « Trois jeunes tambours S'en revenaient de guerre…» Le plus jeunet, était en fait un peu sot et, se paonnant fier de sa fonction, répétait à l'envi : « Au tambour…..moi ! »

HAUT TAMBOUR MOITE

À la bataille d'Austerlitz, après la levée du brouillard matinal, la charge fut sonnée par tous les tambours de la Grande Armée. Le deuxième régiment de grenadiers avait quelques centaines de mètres de retard sur les autres unités et devait conquérir une colline, surélevée par rapport au reste du théâtre des opérations. Toute l'unité dut donc courir 20 minutes de plus. Le Tambour du régiment sua abondamment, et transpira sur son tambour. Son roulement fut dès lors plus diffus. L'empereur, levant les yeux vers la colline, s'exclama alors : « Haut tambour moite ! »