Ecrire un billet doux ; envoyer un billet doux ; écrire un billet galant
Toute personne sensée sait qu'un poulet, ça peut se dessiner et éventuellement s'envoyer, mais certainement pas s'écrire.
Et pourtant, l'expression existe bel et bien !
En effet, depuis le milieu du 16e siècle, un poulet a d'abord eu le sens figuré de « missive » ou de « lettre » avant de se spécialiser en « billet doux » ou « billet galant ».
Il y a au moins deux explications pour cette dénomination bizarre.
Selon certains, ceux qui étaient chargés de remettre le billet doux au destinataire, portaient des poulets sous prétexte de les vendre, mais en dissimulant le fameux billet sous l'aile de l'un d'entre eux.
Par métonymie, le billet serait devenu le poulet lui-même.
Mais pour Furetière, on a ainsi nommé ces billets parce que, en les pliant, on y faisait deux pointes qui représentaient les ailes d'un poulet.
Cette explication semble être aussi celle de Molière puisque dans « L'école des maris » (acte II, scène III), Isabelle dit à Sganarelle :
« J'ai vu dans ce détour un jeune homme paraître,
Qui d'abord, de la part de cet impertinent,
Est venu me donner un bonjour surprenant,
Et m'a droit dans ma chambre une boîte jetée
Qui renferme une lettre en poulet cachetée. »
Si l'explication de Furetière était confirmée, la « lettre en poulet » sous-entendrait donc « lettre pliée en poulet ».