Bien que cette expression soit souvent employée de manière ironique, son origine est tout à fait poétique.

En effet, elle se réfère au phénix, oiseau rare par excellence.

On retrouve d'ailleurs son nom tel quel dans cette autre expression, beaucoup moins répandue de nos jours, mais connue au 19e siècle : « Ce n'est pas un phénix «! », désignant une personne peu dégourdie, comme on dirait « Ce n'est pas un génie ! »...

Mais, qu'est-ce que le phénix ?

Il s'agit d'un oiseau fabuleux, dont la légende remonte à plus de 2000 ans avant JC.

Décrit parfois comme un héron gigantesque, parfois comme un aigle immense, selon les récits, il est de couleur rouge et feu, ou bien multicolore.

Il trouve son origine dans l'Antiquité égyptienne, sous le nom de « Benu », oiseau sacré incarnant le dieu du soleil à Héliopolis.

La légende veut que cet oiseau se nourrisse exclusivement de rosée.

D'une longévité extraordinaire, il n'en existait qu'un seul, mais, tous les 500 ans, il revenait à Héliopolis, et se confectionnait sur l'autel du temple du soleil un nid à base d'herbes odorantes ramenées de ses voyages. Une fois le nid terminé, le Phénix s'y lovait et attendait le coucher de soleil : les derniers rayons du couchant sur l'autel embrasaient le nid et le Phénix... des cendres du brasier renaissait, 3 jours plus tard, un nouveau Phénix, qui prenait son envol...

Le nom qu'on lui connaît donc en France vient du grec « Phoenix », désignant la couleur rouge, en lien avec le feu symbolisant la mort et la renaissance de l'oiseau.

Celui-ci se retrouve dans de nombreuses religions : égyptienne et grecque, donc, mais également chrétienne, pour laquelle il symbolise l'immortalité de l'âme et la résurrection du Christ ; juive, qui le nomme « Milcham », expliquant son immortalité par le fait qu'il fut le seul animal qui ne suivit pas Eve dans sa tentation : Dieu lui offrit donc l'immortalité en récompense. Les chinois quant à eux l'appellent « Feng-Huang », et le Yin et le Yang sont en lui réunis.

Au-delà des légendes, le Phénix représente la mort et la renaissance par le feu, symbole « purificateur » que l'on retrouve dans de nombreuses croyances.