Être très amaigri ou diminué intellectuellement.

Devenir l’ombre de soi-même, n’est pas perdre consistance dans la matière jusqu’à devenir invisible et sans vie, c’est se laisser submerger par nos ombres jusqu’à les laisser nous envahir au point de devenir elles.

Cette identification n’est finalement pas surprenante car c’est justement quelque chose que fuyons, cachons, évitons... quelque chose dont nous avons peur.

Hors de ce que nous enterrons, contenons, voulons contrôler, maintenir dans l’obscurité, ce dont nous ne reconnaissons pas l’existence, trouve force au cœur même de sa compression, de sa densité, se rassemble, se compacte pour mieux exploser, s’expanser, déborder !

Nos peurs nous suggèrent d’éviter, comme si éviter en effaçait l’existence. Et nous faisons preuve d’une créativité extraordinaire dans la mise en place de stratégies pour ne pas nous confronter à elles. Stratégies qui peuvent devenir d’une complexité extrême avec les années, protections sur protections, systèmes imbriqués dans d’autres systèmes, et sans nous en rendre compte, ces ombres dictent nos comportements.

Tristesse dans le cœur de constater la souffrance interne d’êtres qui ont du mal à trouver les ressources en eux pour démonter ces systèmes. Oui c’est un chemin qui est demandant. Difficile. Pas confortable. On n’a pas tous appris à utiliser ces outils. Parfois les ombres sont si anciennes, si traumatiques, si submergeantes.

Alors que ces ombres n’ont besoin que d’une chose pour se transmuter : la reconnaissance. Leur laisser la place, celle de l’expression, celle de l’accueil, celle de la mise en lumière.

C’est parce qu’elles peuvent s’expanser et s’exposer à la lumière qu’elles diminuent, se désagrègent, jusqu’ à devenir peau de chagrin... un peu comme les monstres de nos rêves d’enfant auxquels on fait face, qui après avoir semblé être des géants hurlants, deviennent fourmi qui se carapate dans un coin...