On reste dans un registre tout aussi démodé, mais on fait un important bond dans le temps avec cette expression relevée par Aristide Bruant au début du 20e siècle, et qui a connu son heure de gloire dans l’entre-deux-guerres.

Ce mystérieux « gringue », qui n’est plus présent en français que dans cette expression, elle-même devenue obsolète, existait toutefois en argot de la seconde moitié du 19e siècle. Il est peut-être dérivé du vieux mot « grignon » (morceau de pain, dans le jargon des ouvriers).

Comment est-on passé de ce quignon de pain à l’idée de chercher à séduire portée par l’expression ?

Tout ce qu’on a à se mettre sous la dent pour répondre à cette question tient en une expression : « faire des petits pains », signifiant « courtiser avec attouchements ».

Faut-il penser que « faire du gringue » est la réfection en termes sentis comme plus populaires de cette locution très tactile, où les petits pains bien gonflés imagent les appâts d’une dame ? Mystère et boule... de pain !

« A la caisse du magasin, officiait Carole, une jolie brune à chignon qui mâchait des chewing-gums et portait des jupes mini. Les clients lui faisaient souvent du gringue parce qu’en dépit de son infâme blouse orange, on devinait quelle avait des formes et du chien. ». (Eléments incontrôlés, Stéphane Osmont)