L’expression évoque le fait d'avancer discrètement dans son coin malgré les aléas de la vie, le « bonhomme » dont il est question ici n'étant pas une personne, mais de la dentelle.

La richesse des vêtements, dans la noblesse, était exorbitante: soie, velours, étoffes précieuses étaient agrémentés de dentelles issues des plus grandes filatures.

La dentelle se déclinait également en « chemin » (en bandes) sur les éventails, coiffes, manches, ourlets; son façonnement en croisements de fils était dit en « petits bonhommes ».

L'ouvrière, plus modeste, mais encore l'épouse, pouvait la réaliser chez elle, patiemment, devant une fenêtre ou en bavardant avec ses amies, sur un petit métier.

Ainsi, faire son « bonhomme de chemin » était avancer sa dentèle, comme un travail de fourmi, au gré de son temps libre, et sans que personne s'en souciât.