La réponse qui clôt la discussion, sans possibilité d'y revenir. Le dernier mot. Une manière de rendre à quelqu'un la pareille.
Cette expression, dans son premier sens, vient du 17e siècle et du suivant, une époque où les histoires plutôt naïves vantant l'harmonie entre l'homme et la nature, étaient revenues à la mode (elles datent de l'Antiquité).
Dans ces histoires, il est fréquemment question de bergers et de bergères qui, bien entendu, ont autant d'histoires d'amour que de querelles.
Et c'est pour cela qu'à la même époque que les termes « berger » et « bergère » ont pris le sens figuré d'amant et d'amante (alors que ça n'a pas été le cas des « boulanger / boulangère ou poissonnier / poissonnière », ces derniers faisant nettement moins travailler l'imagination).
La bergère, souvent décrite comme une fille facile, est même à un moment devenu synonyme de « fille de mauvaise vie ».
C'est probablement les histoires d'Honorat de Bueil, marquis de Racan, intitulées les Bergeries, qu'est née l'expression. En effet, dans de nombreux dialogues entre le berger et la bergère, c'est le premier qui a le dernier mot.
Le deuxième sens de cette expression est contemporain (20e siècle). Il reprend l'expression originale, un peu oubliée, et se base sur le sens propre des mots « berger » et « bergère ». En effet, c'est le fait de faire le même métier, d'avoir les mêmes connaissances, qui fait que l'un est capable de faire à l'autre ce qu'il lui a fait, de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Mais le fait de rendre la pareille à l'autre, c'est aussi parfois vouloir avoir le dernier mot.