Aujourd'hui, mettre le couvert est un acte simple : il consiste à poser sur la table le nécessaire au repas.
Il n'en allait pourtant pas de même au Moyen Age, où la peur du poison était tenace. En conséquence, un responsable de bouche, qui officiait en cuisine, était chargé de surveiller les marmitons et de mettre un couvercle ou une cloche sur chaque plat prêt à être servi : les plats ainsi « couverts » étaient protégés de toute main étrangère désireuse d'empoisonner la nourriture.
Arrivés ainsi couverts sur la table, ils le restaient tant que tous les convives n'étaient pas assis.
Précisons enfin qu'être reçu à plats découverts était assimilé à une insulte, un manque d'estime pour l'invite.
La peur de l'empoisonnement (malgré le couvert et la surveillance en cuisine) donnait lieu à un autre usage : un maître « de prêt », ou écuyer de bouche, était chargé de prendre de la mie de pain pour essuyer chaque couvert, puis l’assiette, avant de manger le pain, il contrôlait de même la boisson, en la goûtant auparavant.
S'il ne mourait pas dans le quart d'heure, on estimait pouvoir passer à table. On disait alors qu'il « faisait le prêt » ou qu'il « apprêtait » le couvert (puis la table).