Afin de limiter les risques, certains préfèrent « jouer ou miser sur tous les tableaux ». Ils multiplient ainsi leurs chances d'obtenir des avantages, quelle que soit l'issue de l'affaire. Une attitude assurément prudente et retenue, voire un manque de courage. Mais cela ne nous dit pas quels sont ces tableaux sur lesquels on parie.

La spéculation sur le marché de l'art peut certes entraîner une hausse de la valeur des œuvres, grâce à quoi les connaisseurs peuvent s'enrichir. Mais ce n'est pas de toile qu'il est question ici.

Pas plus que du tableau noir des écoliers ni du panneau sur lequel s'affichent les cotes et les résultats des courses, même si l'on peut « miser » sur le bon ou sur le mauvais cheval.

Cependant, comme le suggèrent les verbes « miser, jouer ou gagner », c'est bien du domaine du jeu que provient l'expression.

A certains jeux d'argent comme la roulette, on dépose sa mise sur un emplacement correspondant à la couleur ou au numéro que l'on espère voir sortir : c'est le tableau. « Tableau » vient de « tableet ». La table de jeu a donné lieu à une expression imagée : « jouer cartes sur table », c'est agir franchement, loyalement.

L'univers du jeu offre de nombreuses métaphores évoquant un affrontement entre différents partis ou la stratégie engagée pour réussir. Ainsi, quel que soit le nombre d’atouts et que l'on joue franc jeu ou pas, on finit toujours par « abattre sa dernière carte ». Et dans ce cas, sauf si « les dés sont pipés », c'est souvent « quitte ou double ». C'est le langage du hasard, du gain et des pertes.