Un employé de bureau

Un esprit en pleine possession de ses moyens aura facilement détecté que dans « rond-de-cuir », il y a rond et cuir. Et cela s'explique aisément.

En effet, vous savez certainement que lorsqu'on est longtemps assis sur une chaise peu confortable, à l'assise en bois, par exemple, on finit par avoir mal au postérieur.

Alors autrefois, lorsque les sièges étaient loin d'avoir le confort dont on peut aujourd'hui bénéficier, les personnes qui devaient rester longtemps assises sur de telles chaises utilisaient souvent, placé entre leur siège et leurs fesses, un coussin en cuir plus ou moins rembourré et généralement de forme circulaire. Ce rond de cuir (sans les traits d'union) leur permettait d'épargner à leur popotin des douleurs vite insupportables.

Et puis en 1893, Georges Courteline, en se basant sur de nombreuses années de souvenirs personnels, a publié le roman « Messieurs les ronds-de-cuir » où il décrivait la médiocrité des petits fonctionnaires appliquant avec plus ou moins de délectation des règlements stupides ou étant les victimes de ces mêmes règlements.

C'est très vite, suite à la parution et au succès de ce roman, que le terme de « rond-de-cuir » a désigné de manière péjorative un fonctionnaire peu motivé ou inefficace ou un bureaucrate