La société féodale était organisée en pyramide : au sommet, le roi, puis les seigneurs et leurs vassaux.

Quand un seigneur était attaqué, ou voulait envahir son voisin, il proclamait « le ban » pour rassembler tous ses vassaux, lesquels avaient intérêt à se présenter sous peine d'être pendus... Suivant l'importance des besoins, on convoquait « le ban et l'arrière-ban », (ce qu'on appellerait aujourd'hui les réservistes).

Ils se réunissaient sous une enseigne, la « bannière ».

Un individu indigne était « banni », c'est-à-dire chassé du ban. S'il tentait de revenir, il se mettait en « rupture de ban ». Et, bien entendu, on ne manquait pas de publier le nom du proscrit ainsi « mis au ban ».

De nos jours, nous connaissons, avant les mariages, des « bans » plus heureux, soit la publication de l'union projetée de deux tourtereaux afin de susciter éventuellement des oppositions. (L’un des deux est déjà marié ou qu'ils sont frère et sœur...)

Enfin, naguère, dans bien des communes européennes, le garde-champêtre annonçait les nouvelles importantes et les décrets de la municipalité par un roulement de tambour en « ouvrant le ban » et en le fermant à la fin de la proclamation.

Une mesure utile pour des populations qui, à l'époque, ne savaient pas lire et que nous avons conservée dans les banquets (mariage, entre autres).

« Faire un ban » : salves d'applaudissement rythmés en l'honneur de personnes à honorer qui, elles, savent lire.

Notons qu'autrefois, sous la juridiction d'une ville, le « ban » s'exerçait dans un rayon d'une lieue. D'où le terme de « banlieue ».

Ce qui appartenait au ban le four, le moulin, le pressoir portait le nom de « banal ».