Le saviez-vous ?

La banane est capable de faire trembler les gouvernements...

Cette caractéristique tient d’abord à son succès, qui fait d’elle l’un des fruits les plus appréciés à travers le monde. C’est d'ailleurs celui que les Français préfèrent.

Il cumule toutes les qualités : pratique, nourrissant, énergétique, il regorge de potassium et autres nutriments bénéfiques à notre santé.

Ce fruit exotique fait son apparition en Europe dès le 7e siècle, en Espagne, à l'occasion de la conquête arabe. Et s'il est resté un produit de luxe jusqu'au 19e siècle, il se démocratise ensuite, particulièrement après la Seconde Guerre mondiale.

Bien sûr, la banane n’a pas attendu ce succès populaire pour attirer les convoitises. Dès la fin du 19e siècle, l’industrie bananière se trouve au cœur de la guerre commerciale que se livrent les grandes puissances coloniales et les États-Unis.

Dans les années 1900, l’essor de la banane est tel que le fruit devient le fondement de l'économie de certains pays d’Amérique centrale, comme le Honduras ou le Guatemala. D’où le terme de « république bananière », par lequel on se met à désigner ces pays peu démocratiques dominés par l'industrie de « l’or vert ».

A croire qu’on ne parle pas pour rien d’un « régime » de bananes !

Aujourd’hui, cinq grandes multinationales se partagent l'essentiel de la production, dont les enjeux commerciaux se chiffrent en milliards de dollars chaque année !

C'est pourquoi : ces géants ne reculent devant rien pour conquérir de nouveaux marchés ou défendre leurs intérêts.

Ainsi, au moment de la chute du mur de Berlin en 1989, les représentants de la firme Chiquita Brands International sont parmi les premiers à se ruer à l’assaut de l'Allemagne de l’Est, afin de l’inonder de leurs fruits.

Dès 1954 la société américaine United Fruit, l'ancêtre de Chiquita Brands, va plus loin encore... Alors qu’elle possède 70% des terres arables du Guatemala, l’entreprise voit ses terres non cultivées saisies par le nouveau régime démocratique, pour être redistribuées à de petits paysans.

Accusant le président guatémaltèque d'être à la botte de Moscou, la compagnie joue de son influence et entraîne l’intervention de la C.I.A., qui appuie un coup d'État à la seule fin de protéger ses intérêts économiques ! S'ensuivront une trentaine d'années de dictature et de guerre civile, deux cent mille morts et quarante-cinq mille disparus...